le record d’altitude en paramoteur

LORRAINE - PARAMOTEURUn Lorrain bat le record d’altitude en paramoteur

Julien Barbier a atteint hier en fin de journée 5.700 m à bord de son paramoteur qu’il avait fait décoller depuis le plateau Sainte-Barbe à Pont-Saint-Vincent, près de Nancy.

  • VU 2127 FOIS
  • LE 19/06/2017 À 22:14
  • MIS À JOUR À 07:07
  •  0RÉAGIR

Julien Barbier a atteint son objectif. Un défi de plus à l’actif du jeune pilote lorrain, vice-champion du monde en individuel et champion du monde par équipe de paramoteur en 2016. Photos Patrice SAUCOURT

Photo HDJulien Barbier a atteint son objectif. Un défi de plus à l’actif du jeune pilote lorrain, vice-champion du monde en individuel et champion du monde par équipe de paramoteur en 2016. Photos Patrice SAUCOURT

Découvrez toutes les photos de l'exploit de Julien Barbier

par Bruno SUSSET

Bras levés, Julien Barbier exulte. Le jeune pilote lorrain, âgé de 28 ans, vient en effet de battre le record d’altitude en paramoteur en atteignant 5.700 m ! Il vient juste de se poser en douceur sur le plateau Sainte-Barbe, à Pont-Saint-Vincent, près de Nancy, sur une piste matérialisée par la haie d’honneur formée par les partenaires du défi, ses proches, ses amis, membres pour la plupart du club Nancy Vol Libre au sein duquel Julien, qui pratique depuis 15 ans, est instructeur. Il est 20 h 37. Julien a décollé presque 3 heures plus tôt. Ce vol, cela faisait trois ans qu’il en rêvait. « J’aime les challenges. Après avoir traversé le Chili en paramoteur en 2011, il me fallait trouver quelque chose d’autre. » Ce sera ce record d’altitude, jusque-là détenu par un pilote américain (5.386 m). Mais avant de se lancer, Julien va devoir tester de nombreux matériels « pour trouver le couple idéal moteur (1.000 cm3 , 4 temps)/voile de parapente, réaliser des vols d’essais, s’entraîner en caisson à affronter le manque d’oxygène… Et surtout attendre des conditions météorologiques optimales. C’était donc hier que Julien avait rendez-vous avec l’histoire des sports aériens. « Il y avait à peine 30 km/h de vent à 5.700 m. C’est rarissime d’en avoir si peu à cette altitude », raconte, un brin fatigué par l’épreuve, le jeune ingénieur, chargé de projet à l’université de Lorraine. L’imaginait-il, quelques heures plus tôt, enfilant sous un soleil de plomb, sous-vêtements, vêtements polaires, combinaison (testée en Sibérie !), cagoule, sous-gants, gants, masque à oxygène. Repassant avec son épouse, Jennifer, tous les points d’une check-list précise lui permettant de ne rien oublier : transpondeur, radio, téléphone portable, quatre altimètres, réserve d’oxygène, 23 l de carburant… Ainsi engoncé, Julien s’est laissé aspirer par le ciel pour aller tutoyer les nuages. « À 4.000 m, le moteur a commencé à givrer, à avoir des ratés. Et puis c’est reparti. Avec un taux de montée très faible, 10 cm par seconde. J’étais concentré à fond », raconte Julien, qui s’empresse de rendre hommage à la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, dont les contrôleurs aériens ont assuré la sécurité du vol. « C’était rassurant pour moi de savoir ces militaires veillant sur moi ! » D’autant que des problèmes de communication vont perturber les liaisons entre le pilote et le contrôle. « Finalement, la radio a été coupée. Pour la rallumer, une fois l’objectif atteint, j’ai dû ôter mes gants. Là, j’ai eu froid ! » A cette altitude, il est vrai que le mercure flirtait avec les -20 °C ! Une bonne bouffée d’oxygène, et Julien a entamé sa descente.

Avant d’être officiel, son record devra encore être validé par la commission d’homologation de la fédération aéronautique internationale (FAI) à qui les données recueillies par un altivariomètre scellé embarqué vont être envoyées.  

 

http://www.estrepublicain.fr/loisirs/2017/06/19/un-lorrain-bat-le-record-d-altitude

 
×